J’en ai besoin aujourd’hui, je m’en rends
compte !!
Je n’ai pas besoin de comprendre mais d’assimiler,
d’ingurgiter, de faire mon deuil,
d’extérioriser…
J’ai eu une conversation avec Seb samedi, enfin, une dispute
en premier lieu et il va falloir que je me rende à l’évidence
: jamais il ne digèrera l’arrivée de Marion, jamais !
Dans mon monde des Bisounours à moi, celui dans lequel il m’a
bien fait comprendre qu’il ne vivait pas, mon homme arrivait
à faire le saut au dessus de son arrivée…
J’étais persuadée que cette bouille d’amour lui ferait
oublier les circonstances de sa venue, mais non. Je comprends et je
ne comprends pas mais j’en suis dépitée et secouée encore une
fois !
J’ai compris pourquoi je surinvestissais ma relation avec
Marion souvent au détriment de celle que j’ai avec
Emilie…Emilie, disons le est la petite chouchoute de Seb, et
au fond de moi, je le sais depuis longtemps, qu’il ne les
aime pas de la même façon, de la même force…Ok, il
n’est pas fan des bébés, mais il le dit
lui-même…
« Emilie, ça fait près de 6 ans qu’elle est là, Emilie
c’est Emilie…Marion, bin Marion, pour le moment, tout
ce qu’elle sait faire, c’est brailler pour être avec
toi, ne pas faire ses nuits au bout d’un an, etc…
»
Et qu’il est dur d’entendre dire de la bouche du père
de vos enfants qu’il ne les aime à ce jour pas de la même
façon !
Est-ce la réalité ?
Je n’en sais rien…
Une partie de moi tend à penser qu’en fait, il a besoin de se
racheter auprès d’Emilie…de se racheter de ne pas
avoir voulu la garder…de se racheter de m’avoir
proposé de me faire avorter !
Sûrement pas si facile quand il la voit de se dire qu’à un
moment, même si ce n’était pas encore elle à proprement
parler, cette si géniale petite fille, il a voulut qu’elle
disparaisse…
Et ça fera probablement pareil avec Marion, peut être regrettera
t’il un jour de m’avoir dit quand elle n’avait
qu’un mois et demi qu’il ne se faisait pas à elle et
qu’il n’avait pas de sentiment d’amour pour
elle…
Et quand je le regarde poser ses yeux sur Marion, quand je regarde
son sourire attendri quand elle lui fait des bisous ou des
caresses, il est dur de penser qu’il ne l’aime pas ou
moins…Lui qui était ému aux larmes quand il la voyait si
minuscule dormir sur moi quand il rentrait !
Tout cela pour en venir au fait qu’au fond de moi, j’ai
une plaie béante et qui je le pense ne se refermera jamais : il me
faut faire le deuil de mon rêve de grossesse
idyllique…
La seule façon je pense de me soigner, serait d’un jour,
d’avoir mon petit 3ème, dans les règles de
l’art…
Et comme Seb n’en veut pas 3, je vois peu de chances que mon
deuil se fasse de cette façon ! Je sais déjà que ce n’est pas
lui qui d’ici 6/7 ans viendra me proposer d’en remettre
un à la marmite !
C’est pareil, il me faudra peut être un jour faire le deuil
d’une troisième grossesse ! De par mes 2 grossesses
surprises, je pense avoir tué en lui tout désir de paternité qui
pourrait venir de lui-même, et là encore, je comprends !
Dans mon monde des Bisounours, dans mes rêves les plus chers, je me
voyais enceinte, avec un Papa qui m’aurait demandé/pleuré un
bébé, qui aurait crevé le plafond en apprenant ma grossesse, avec
un Papa qui m’aurait traînée pour faire de
l’haptonomie, avec un Papa qui aurait passé des heures la
tête sur mon ventre, avec un Papa qui m’aurait limite jalousé
de porter notre joyau, avec un Papa pressé de venir aux
échographies, avec une Papa qui m’aurait prise en photo sous
tous les angles avec mon ventre, avec un Papa investi
quoi…
Dans la réalité, je me suis retrouvée avec un Papa qui n’a
pas voulu de mes grossesses, qui a eu du mal a accepter nos bébés,
qui tirait une gueule de 15 mètres de long lors de la seconde écho
de Marion (comme j’ai eu mal ce jour là), qui n’a pas
daigné donner un bain de sa vie, auquel je n’ai osé que 2
fois demander de me prendre en photo tellement je voulais lui
épargner ce ventre…
Et le pire, c’est que je le comprends…Ca me fait
souffrir mais je le comprends…Lui ne pratique pas le
Bisounours !
Dans mes rêves les plus chers, je me voyais me réjouir à la
découverte de mes grossesses, je me voyais impatiente de découvrir
un +, je me voyais en profiter à fond !
Dans la réalité, j’ai eu les boules 2 fois d’apprendre
que j’étais enceinte, j’ai fait mes tests en croisant
les doigts pour qu’ils soient négatifs, je n’ai pas
investi mes grossesses comme je l’aurais aimé, et je ne parle
même pas des 3 mois passés au lit, qui je le pense n’ont été
qu’un moyen qu’ont trouvé mon corps et mon cerveau pour
me mettre au vert et me protéger…
Je me souviens de la question de la gynéco : « que vous vomissiez
comme cela n’est pas normal, cette grossesse était attendue
et tombe au bon moment ? » Pffff si tu savais la
gynéco…
Aujourd’hui, je vois des couples, je lis des blogs et je suis
un tantinet envieuse et pincée au cœur…
Le meilleur et le plus mignon des exemples que j’ai de près
aujourd’hui, c’est le couple de mon meilleur ami : un
bébé attendu, entouré par son papa…mais voilà, les hommes
qui entourent leur bébé sont des hommes qui on désiré leur bébé (et
souvent des couples qui ont eu des difficultés à avoir leur petit)
et le mien n’a pas désiré ses bébés, il les a subi, toute la
différence est là !
Enfin voilà, écrire ne va pas me soigner, le chemin est long et
nous avons toutes notre fardeau…le deuil de mes grossesse
idylliques reste néanmoins bien plus facile à faire que le deuil
d’un bébé que je n’aurais pas gardé !
Dans le fond, ce n’est pas une catastrophe, elles sont là
l’une et l’autre…
Mais voilà, nous avons toutes des rêves et aspirons à certaines
choses et à ce jour, je me rends compte que ce rêve, cet «
idyllisme », s’est bien cassé la gueule… Avez-vous une
place pour moi au pays des Bisounours ?
La Bisounours attitude, passé 20 ans, c’est mort…Une
partie de mes rêves aussi…Concentrons nous sur les autres
!




